Pyramide Synesthésique -In Love Again, Yves Saint Laurent

Capture d_écran 2018-05-13 à 14.04.47

Trois notes, trois oeuvres : Pyramide synesthésique de In Love again, Yves Saint Laurent.

Pop, coloré et croquant, In Love Again fut un des premiers parfums à explorer les facettes fruitées en parfumerie fine.
Un tag de cassis sur un bouquet de roses plongées dans un bain de muscs et de santal.
Une constellation de baies colorées et pop comme un Several Circles de Kandinsky. Une formule simple et élégante écrite par la plume innocente d’Alessandro Barrico. Une note pop et naïve qui parfumerait bien les notes d’un air de Marina and the Diamonds.

Classiquement, l’évolution d’un parfum se divise en trois temps :

– Les notes de tête, qui s’expriment instantanément et sont évanescentes.
– Les notes de coeur, qui se ressentent plusieurs heures.
– Les notes de fond, qui persistent le plus longtemps.

En associant chaque temps d’un même parfum à une oeuvre littéraire, cinématographique, picturale, et musicale,le Journal d’un anosmique se propose d’appréhender la synesthésie de manière concrète.

Capture d_écran 2018-05-13 à 14.24.28

 

Note de tête – Head note / Several Circles, Kandinsky

Vassily_Kandinsky,_1926_-_Several_Circles,_Gugg_0910_25

Note de coeur – Heart note / Blue, Marina & The Diamonds

Note de fond – Base note / Soie, Alessandro Barrico

« Mon seigneur bien-aimé,

N’aie pas peur, ne bouge pas, garde le silence, personne ne nous verra.

Reste ainsi je veux te regarder, je t’ai tellement regardé mais tu n’étais pas pour moi et à présent tu es pour moi, ne t’approche pas je t’en prie, reste comme tu es, nous avons une nuit pour nous seuls, et je veux te regarder, jamais je ne t’ai vu ainsi, ton corps pour moi, ta peau, ferme les yeux, et caresse-toi je t’en prie, n’ouvre pas les yeux, si tu le peux, et caresse-toi, tes mains sont si belles, j’ai rêvé d’elles tant de fois que je veux les voir maintenant, j’aime les voir ainsi sur ta peau, continue je t’en prie, n’ouvre pas les yeux, je suis là, caresse-toi mon bien-aimé seigneur, caresse ton sexe, je t’en prie, tout doucement, elle est belle, ta main sur ton sexe, ne t’arrête pas, j’aime la regarder et regarder, mon bien-aimé seigneur, n’ouvre pas les yeux, pas encore, tu ne dois pas avoir peur, je suis près de toi m’entends-tu? Je suis là à te frôler, c’est de la soie, la sens-tu. C’est la soie de ma robe, n’ouvre pas les yeux et tu auras ma peau, tu auras mes lèvres, quand je te toucherais pour la première fois ce sera avec mes lèvres, tu ne sauras pas où, à un certain moment tu sentiras la chaleur de mes lèvres, sur toi tu ne sauras pas où si tu n’ouvres pas les yeux, ne les ouvre pas, tu sentiras ma bouche, tu ne sauras pas où, tout à coup, ce sera peut-être dans tes yeux, j’appuierai ma bouche sur tes paupières et sur tes cils, tu sentiras la chaleur pénétrer à l’intérieur de ta tête, et mes lèvres dans tes yeux, dedans, ou bien ce sera ton sexe, j’appuerai mes lèvres, là, et je les entrouvrirai en descendant peu à peu, je laisserai ton sexe ouvrir ma bouche, pénétrer entre mes lèvres, presser contre ma langue, ma salive descendra le long de ta peau jusque dans ta main, mon baiser et ta main, l’un et l’autre mêlés, sur ton sexe, et puis à la fin je baiserai ton coeur, parce que je te veux, je mordrai la peau qui bat sur ton coeur sous mes lèvres tu seras à moi vraiment avec ma bouche dans ton coeur tu seras à moi, pour toujours, si tu ne me crois pas alors ouvre les yeux mon bien-aimé seigneur et regarde-moi, je suis là, quelqu’un pourra-t-il jamais effacer cet instant, mon corps que la soie ne recouvre plus, tes mains qui le touchent, tes yeux qui le regardent, tes doigts dans mon sexe, ta langue sur mes lèvres, toi qui glisses sous moi, et prends mes henches, et me soulèves, et me laisse glisser sur ton sexe, doucement quelqu’un pourrait-il effacer cela, toi qui en moi lentement bouges, les plaisir dans tes yeux, ta voix, tu bouges lentement et cela me fait presque mal, mon plaisir, ma voix, mon corps sur le tien, ton dos qui me soulève, tes bras qui ne me laissent pas partir, les coups à l’intérieur de moi, la violence et la douceur, je vois tes yeux chercher les miens, ils veulent savoir jusqu’où me faire mal, jusqu’où tu veux mon bien-aimé seigneur, il n’y a pas de fin, cela ne peut finir, ne le vois-tu pas? Personne jamais ne pourra effacer cet instant, pour toujours je fermerais les yeux, laissant mes larmes se détacher de mes cils, ma voix dans la tienne, ta violence à me tenir serrée, il n’y a plus de temps pour fuir ni de force pour résister, cet instant-là devait être, cet instant est, crois-moi mon bien-aimé seigneur, et cet instant sera, maintenant et à jamais, il sera, jusqu’à la fin,

Nous ne nous verrons plus, mon seigneur. Ce qui était pour nous, nous l’avons fait, et vous le savez. Croyez-moi: nous l’avons fait pour toujours. Gardez votre vie à l’abri de moi. Et n’hésitez pas un instant, si c’est utile à votre bonheur, à oublier cette femme qui à présent vous dit, sans regret, adieu. »

Parfumeur: Jean Claude Ellena

 

 

Publicités
Journal d'un anosmique

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s