Partition Olfactive – Pas dire, Lola Nicolle

La Maison coule publiait en octobre dernier sa première publication.

Cette Maison d’Edition a été fondée par plusieurs passionnées de l’édition, la reliure ou encore le graphisme. Et je sais que même si…, leur première parution, est une collaboration entre plusieurs auteurs dont les textes ont inspirés des illustrateurs, des photographes, et des graphistes.

Lors de la soirée de lancement à la galerie Graphem, le Journal a été invité pour mettre en odeur le poème écrit par Lola Nicolle, Pas Dire.

Nous avons alors imaginé une installation olfactive: Partition Olfactive de Pas Dire. L’idée est simple. De gauche à droite, une échelle de temps et les odeurs qui correspondent à chacune des parties du texte. Cette partition olfactive propose alors des accords évoluants tout au long du poème.

Le protocole est donc le suivant: lire une première fois le texte, puis relire chacune de ses parties commençant par les mots en gras pour se reporter aux odeurs associées.

lola

Pas Dire

Je veux voudrais peut-être ou sûrement oui je veux

affirme et
signe je veux et vérifie les
doutes
mais comme
ça démange ils sont
cachés le couloir la porte
les clés ouvrent sur
eux ça met des syllabes dans
je veux ça parle à
la place de ce que je
voudrais te douter quand
libre moi je vais
partir je
dérange je vois qu’ils
entrent dans ma bouche-de-peur je
deviens l’apatride du langage parce que
entre la bouche et la porte je
les voient peur maintenant ils
tenaient chaud les doutes c’était
fourrure sur la carcasse maintenant mue de la monosyllabe pas repartir avec
ta peur dans ma poche ma peur dans ta bouche pourquoi c’est
je sais je voudrais
une seconde
chasses les on peut parler éteints
l’ampoule qu’ils s’y brûlent ce qu’ils leurs restent d’ailes là juste la
peur-panique

tes doigts emmêlés à
mon coeur écoute pas c’est pas toi qui fait ça c’est la
tachycardie
ils ont peur mais
nous
nous
aussi.

Ce serait pas grave si du courage on
savait
parler si
tu rallumais la lumière et qu’on brûlait les couvertures il faudrait

lâcher prise, les vannes, les années, les cages qu’on a mis du temps à fermer faudrait écrire en capitale
que le noir et gris c’est pas la peine
faudrait qu’on entortille des rêves sans

fil de fer
descendre de nos croix retrouver un jardin pour se dire je veux mais pour avouer il faudrait
qu’on se le dise que je l’enlève ton
masque toi le mien et oui on glisse
tard la nuit sur les chemins à l’envers
nous
ce serait un visage et un ventre où
se reporter quand la tempête
bat dans nos têtes
pour pause arrêter et
apprendre à parler ton langage ma langue je
dessinerai avec l’accent du voyage ce que
l’armée des doutes aura gommé tu pourras
poser des mots sur mes paupières ton-dos-ciel dans
mes mains je pourrai te dire ce que je voulais tout à l’heure dire -toujours et depuis le début du monde je pourrais te dire j’ai pas menti, j’abandonne à toi ce
qu’il reste dans ma bouche j’essaierai de te dire que.

Lola Nicolle

Petites précisions olfactives:

Partie 1: Le doute

> Muscs – vaporeux, insaisissable: envellopant et opaque.

Partie 2: Jusqu’aux viscères

>Ambré sec – doux/agressif: notes boisée aussi chaude que froide, sèche que dense.

> Aldéhyde – froid,métallique: présent dans les agrumes, incisif et strident.

> Huile essentielle Piment baies -chaud, piquant: contraste avec les aldéhydes.

> Encens & Aldéhyde C12 MNA – accord sang: ferreux et sirupeux.

>Résinoïde styrax – animal, brûlé: l’odeur des viscères.

Partie 3: Espoir

> Hédione – floral, transparent, limpide: utilisé pour aérer les compositions.

> Huile essentielle de rose – féminin, délicat: l’odeur douce des pétales mais aussi cireuse des artichauts.

Partie 4: Bruler le passé

> Huile essentielle de cade – feu, cendre: obtenu par pyrogénation du cade, ca sent le feu de bois qui brule le passé.

Partie 5: Nous

>Ambré sec – doux/insaissables: les angoisses qui reviennent.

> Cis-3-hexenol-vert, tige, bourgeon: une odeur d’herbe coupée qui sent la vie et le renouveau.

> Absolu Jasmin – blanc,opulent: sensuel et charnel comme la peau d’une pêche.

> Salicylate de benzyle – solaire, lumineux: l’odeur des rayons du soleil, ca réchauffe et conforte.

 

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Retrouvez la Maison coule ici: https://www.facebook.com/lamaisoncoule/timeline

 

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Journal d'un anosmique

2 réflexions au sujet de « Partition Olfactive – Pas dire, Lola Nicolle »

  1. Étonnant ce poème. Une extrême sensibilité. Les mots devancent la pensée.
    Il faut lire et relire en se laissant porter par une sorte de sortilège
    Inconsciemment,reviennent des souvenirs de Rimbaud, de Prévert.
    De la poésie pure.
    R. J.

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