Cahier de laboratoire – Empreinte (Courrèges) par Delphine Volange

Troisième invitée du Journal, Delphine Volange, chanteuse, propose son intérprétation d’Empreinte de Courrèges.

Et c’est un plaisir d’avoir un peu de toi sur ce blog Delphine.

Je courais depuis ma petite enfance dans le sillage du parfum disparu de ma mère : Empreinte de Courrèges.
Longtemps j’ai rêvé de rendre à ce flacon une sorte d’hommage telle une réclame sublimée et archétypale.
J’écrivis un texte nostalgique sur un parfum qui n’était plus et des amours perdues. Il fut mis en musique par Bertrand Belin.
Et voilà que le dit parfum a été réédité à la fin de l’année 2012 au moment précis de la sortie de mon album… !

Les soirs où elle sortait danser, son parfum déployait autour de ma mère un intermonde, c’est-à-dire qu’il semblait tendre un pont avec l’invisible…
Elle était passée par là… et son parfum flottant honorait le temps déjà enfui de sa présence, suspendait son apparition : il était l’âme insaisissable de sa beauté.
Intuitivement je sentais (…!) s’ouvrir là le vertige du temps qui est aussi un vertige amoureux.

Aussi la réapparition synchronique d’Empreinte, après tant d’années m’a troublée.
Comme si le parfum, métaphysique et amoureux par essence, avait décidément le pouvoir d’abolir tous les temps, de les rassembler.
Suite à ma chanson, la Maison Courrèges m’a fait envoyer un modèle du flacon doré, avec ses compliments…
Empreinte ressuscité des limbes de mon enfance m’a rejointe ici et maintenant : il est devenu comme le parfum sentimental de l’éternel et romanesque présent de ma vie…!

EMPREINTE de Courrèges

Il y eut un été
J’allais en majesté
Embellie sous l’empire
De tes pires voluptés

Et le cœur à la fête
J’emmenais parader
Ma beauté indiscrète
Nimbée d’eau de toilette

Empreinte de Courrèges
Me faisait cortège
Il y eut un été

Tu baisais de ma robe
Ecarlate l’ourlet
Le délice me faisait
Abdiquer

Et l’aube me trouvait
Toute déshabillée
Mais parée de fougère
Royale et chypre vert

Empreinte de Courrèges
Me faisait cortège
Il y eut un été

Quand tu quittais mon lit
Après toute une nuit :
Empreinte de Courrèges
Te faisait cortège

Une inconnue qui passe
Et le parfum fugace
De nos fièvres défuntes
Qui m’étreint Ô Empreinte !

https://www.facebook.com/pages/Delphine-Volange/323308330190

Empreinte, de Courrèges.

Parfumeur: Robert Gonnon, Firmenich.

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Journal d'un anosmique

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